La démocratie est déjà morte l'année dernière : quand 20% de la population décide pour 100% des gens, il y a un problème.

Mais aujourd'hui, c'est bien plus grave : la République vient juste de mourir.

Des étudiants tabassés

Non, nous ne sommes pas en Italie dans les années 30. Nous ne sommes pas en Turquie. Nous ne sommes pas en Chine, ni en Corée du Nord. Nous sommes bien en France, vous êtes bien en 2018.

Des gens qui se font tabassés, il y en a tous les jours. Des cagoulés qui s'en prennent à des étudiants, c'est moins fréquent mais ça arrive probablement aussi…

C'est déjà assez dérangeant et perturbant en soi. Mais là, ça va beaucoup plus loin. Des étudiants se font tabasser dans leur propre université.

Par des gens cagoulés.

Par des gens armés.

Sous les yeux des vigiles.

Avec la complicité de l'administration.

La Police refuse d'intervenir.

Les médias s'en foutent.

Notre République vient juste de mourir. Sous nos yeux.

La complicité de l'administration

C'est probablement ce qu'il y a de plus insoutenable et de plus insupportable. Dix individus cagoulés qui ont été introduits par l'administration, par le Doyen, pour aller casser la gueule à des étudiants qui n'avaient rien demandé.

Des étudiants trahis par leur administration. La même dont le rôle est quand même de les éduquer et des les protéger. Les voilà bien éduqués : ferme ta gueule ou on t'envoie nos skin-heads ; file droit ou on t'envoie à l'hosto.

Ce n'est même plus de l'indignation. C'est du dégoût. Et le Doyen de rajouter qu'en substance, il s'en tape. Pour lui tout va bien.

Les médias s'en foutent

Tout le monde a été occupé avec d'autres choses aujourd'hui. Apparemment, des étudiants qui se font éclater la tronche avec des morceaux de bois par des individus cagoulés au sein d'une université avec la complicité, ça ne mérite pas un entre-filet dans le 20h.

Et pire, ce n'est même pas un fait divers. Un Doyen universitaire qui utilise des méthodes fascistes pour mater ses étudiants et nos chers représentants des médias trouvent que ça ne mérite pas la une. Que ça ne mérite même pas d'être montré ou reporté. Nan, on va aller demander au Doyen complice ce qu'il en pense. Ça, c'est la bonne chose à faire.

Voilà, notre République est morte

La Police ne protège pas la population, elle la terrorise.

Les méthodes fascistes se multiplient.

Les médias ne couvrent que ce qui fait l'intérêt des puissants et plus ce qui est important.

On laisse des étudiants se faire tabasser. Pire, on prémédite le passage à tabac. Et on aide les fachos à taper sur les victimes.

Il n'y aura pas de justice

Pendant que des innocents sont à l'hôpital, les mecs encagoulés n'ont pas été arrêtés.

Ils ne le seront pas. Jamais personne n'ira les chercher.

Le Doyen ne sera pas inquiété. On arrivera jamais à prouver qu'il a aidé les encagoulés.

Il n'y aura pas de justice. Les méchants ne seront jamais punis. Les coupables ne feront jamais face à leurs responsabilités. Il ne se passera rien.

Ça commence comme ça

Les casseurs devraient déjà être en garde à vue. Ils devraient déjà être identifiés.

Tu te balades dans la rue avec une cagoule, tu tiens pas 5 minutes. Mais des mecs qui rentrent dans un lieu public avec des bâtons et des cagoules, aucun problème on les laisse faire, ils vont nous débarasser des gêneurs. On va même les aider.

Comment le journaliste qui a interrogé le doyen a fait pour ne pas lui sauter à la gorge ? Comment un individu normal peut se retrouver en face d'un déchet de l'humanité de ce type, d'un traître aux gens qu'il doit protéger, d'un fasciste de la sorte et ne rien faire ? Ne rien tenter ? Se retenir de lui coller son poing dans la figure ? Même simplement par réflexe ?

D'abord les doyens font tabasser leurs étudiants et après, c'est les médecins qui gazent leurs patients… Parce que c'est toujours comme ça que ça commence…

T'es marrant, on fait quoi ?

On crie. On pleure. On s'indigne. On hurle. On n'essaie pas de comprendre parce que très rapidement, on a compris : des étudiants innoncents se font tabasser par des mecs encagoulés au sein de leur université avec la complicité de l'administration.

Cette simple phrase est déjà surréaliste. Aucune personne saine d'esprit ne devrait dire cette phrase dans un pays civilisé, dans une République, dans une Démocratie, en 2018.

Alors, on fait quoi ? Moi, j'écris. Parce que c'est tout ce que je sais faire. Parce que c'est cathartique. Parce que j'avais besoin d'exprimer mon indignation, mon dégoût, ma colère et mon impuissance.

Et on entre en résistance. Parce que, ça y est, notre République vient de mourir. L'état de droit vient de mourir. Quand les gens qui préméditent ce genre d'actes ne sont pas punis et que cela ne fait réagir personne, c'est que la partie est terminée.

Aux armes, Citoyen.